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Professeur
en lycée, j’ai longtemps enseigné en ZEP.
J’avais lu, comme ces adolescents qui dévorent tout,
entre autres, Salammbô et L’Education sentimentale ;
à la Sorbonne j’ai étudié ce dernier roman. Ensuite,
l’accablement ou la révolte devant la peinture des
personnages de Madame Bovary, l’irritation que
m’inspiraient les atermoiements d’Emma m’empêchèrent
sans doute de mesurer ce que ces sentiments devaient au style
unique de Flaubert. C’est bien plus tard, au cours de préparations,
que j’ai apprécié la justesse et l’ironie de l’œuvre.
J’y suis
revenue intriguée par l’homme Flaubert, à travers sa
correspondance. Des phrases que j’ai encore en tête: « Le
rossignol a encore gueulé toute la nuit » (Emma et
ses rêveries nocturnes !), (à George Sand) « vous
qui êtes du troisième sexe », « mon dernier
chapitre qui me demandera encore trois mois », une détestation
de l’ensemble de l’humanité et souvent l’évocation de
ses jours de travail ininterrompus… Travailler sur les
manuscrits, c’est mesurer cette somme de travail, c’est
avoir accès aux repentirs des textes, c’est proprement voir
l’œuvre se dessiner.
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