I, chap.8: La valse avec le vicomte - brouillons, vol.1, folio 220
 
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                         vitres
Mais par les carrés jaunes, les feuilles des arbres étaient plus petites
le gazon plus clair et le paysage en entier comme découpé dans
du métal. on eût dit l'atmosphère illuminée. c'était joyeux il
faisait chaud dans cette grande couleur topaze, délayée d'émeraude.
                elle mit son oeil au carreau vert et tout fut vert
le sable, l'eau, les fleurs, la terre elle-même se confondant avec le
            puis                                       enfin
gazon. enfin sous le reflet de pourpre qui dévorait tout de
                                                                                     comme
sa couleur la verdure était grise, la rivière coulait comme
un en
un
fleuve rose, les plate bandes de terreau semblaient des mares
de sang caillé le ciel immense amoncelait des incendies. elle
eut peur. alors par la fenêtre aux verres blancs, tout à coup
le jour ordinaire reparut.
                                                                  alors
                           la rosée du matin formait* dans la prairie un
un troupeau de moutons en passant broutait la pelouse du parc,
à l'une des lucarnes du château une femme en camisole de nuit
nettoyait son peigne au vent, et le soleil d'un bond entra
dans l'appartement fermé dont les murs s'échauffant exhalèrent
une odeur tiède qui vous affadissait. Emma défaillante
s'affaissa sur un coussin, sentant une douleur qui la pinçait
à la tête, par derrière, et qu'elle commençait à rêver
quoiqu'elle ne dormît pas.
                         elle se réveilla tout en sursaut, au bruit d'une
volée de corneilles qui rasa le taillis, et fut s'abattre au-delà
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dans les sapins - craignant alors
                          elle craignit/gnant d'être surprise. elle se hâta
                                                      alors
de rentrer.
               Charles avec l'homme d'affaires était parti
visiter la ferme et les potagers. il admira les cultures
tâta avec la main le galandage des bâtisses, fit des
                                                                  il
questions sur la fortune du marquis et s'informa
de ses cerisiers.
 
[Transcription de Mariana Babo-Rebelo]